A Propos...

Je suis entré en photographie petit à petit, sans m’en rendre compte, à mon insu. Longtemps j’ai pris des photos comme on cueille des fleurs en promenade pour le plaisir de faire un bouquet. Puis, j’ai été happé par « Louons maintenant les grands hommes » de James Agee et Walker Evans, « Les Américains » de Robert Frank, les livres de John Berger et de Jean Mohr et les écrits de Walter Benjamin. En marge de mon activité professionnelle de socio-économiste pour les Nations Unies dans de nombreux pays du Tiers Monde et d’enseignant-chercheur dans les universités de Louvain, de Nanterre et du Sussex , je me suis mis à « écrire avec la lumière », comme diraient les Grecs, à composer des textes photographiques : des poèmes, des nouvelles, des récits et mêmes des romans comme le roman noir du monétarisme thatchérien « Brighton on the rocks » et le roman de la ville de ma jeunesse « Bruxelles à fleur de peau ».

 

J’aime surtout photographier les gens et leur univers. J’aime aussi, avec mon Leica, me fondre dans des lieux, les parcourir dans tous les sens. Ils deviennent mes lieux, ceux de mon histoire, que j’arpente infiniment de long en large, comme un géographe du temps et un historien de l’espace, un géographe qui sonde le tempo des territoires, un historien qui scrute la trajectoire des lieux.

Olivier Le Brun