La lettre d'Olivier n°1

Voici la première « Lettre d’Olivier ». Au fil du temps, elle vous informera de mon activité photographique

et de l’évolution de mon site. Une place importante est consacrée à Haïti, où je me suis fréquemment rendu depuis 1997. Dans la galerie intitulée « Portraits d’Afriques » ont été rajoutées quelques images des Comores, de Mauritanie, de Somalie et des Seychelles. Vous trouverez aussi sur le site une nouvelle galerie : « Marche et rêve » . En perspective une idée de galerie à creuser « A l’horizon » dont je vous dis quelques mots plus loin.

Bonne balade,

Olivier Le Brun

Marche et rêve …

« Je ne peins pas l’être, je peins le passage »

Montaigne

A Arthur Rimbaud, ce passant considérable (ainsi que l’appelait Mallarmé)

Marcher, marcher dans les rizières betsileo, à Ambalavao, Anjouan, La Grande Comore, Kibera, Mopti,

Tombouctou, Bruxelles, Paris, Arès, dans le grand Congo, en Haïti du Cap aux Cailles, dans le désert de

Mauritanie… : quelques uns de mes lieux de prédilection.

« L’espace est donné, mais les lieux sont rares. L’espace c’est la nuit et le lieu c’est l’étoile. » J’aime cette

phrase d’Alain Borer à propos de la fuite de Rimbaud sur les côtes d’Arabie et les déserts d’Abyssinie, en

quête d’un impossible lieu d’accomplissement et de repos.

Dans « mes » lieux, je vais et je reviens. Voyageur et comme à la maison, étranger mais possédant autant de familles, parfois léger n’existant que par le seul déclic de mon appareil de photo, souvent impliqué, accueilli, choyé. Quelle quête me bouscule pour repartir ? Mes semelles sont usées, celles de Rimbaud étaient de vent.

J’aime saisir le mouvement d’hommes et de femmes qui suivent leur route, ils ont l’air de dériver, ils

marchent, ils rêvent. La pellicule garde la trace de leur passage. Puis, sur les cimaises, j’invente des histoires, j’organise des rencontres, je mets les personnages en scène : l’ombre d’un homme et celle d’une femme se frôlent dans une rue d’Ambalavao ; à Paris, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, chacun suit son destin et obéit à une chorégraphie moderne et décalée : l’écran projette les dernières images d’un match perdu, la foule s’est retirée, le couple d’amoureux est seul au monde, un homme passe portant sa solitude, les statues encadrent la scène ; à Bruxelles les passants indifférents au décor qui les sollicite glissent dans la ville, loin dans leurs pensées ; aux Comores les femmes dans leur voile sont peut-être à Zanzibar, à Sarcelles, à Marseille, à mille lieues du sol qu’elles foulent…

Et toi, Germain Rajaonarivelo, dans ta rizière sur la terre de tes ancêtres, où vas-tu ?

Marche et rêve …

A l’horizon

« Je songe à des marins sur les mers du levant / Qui voguaient sans savoir que la terre était ronde »...

Jean de la Ville de Mirmont (1886-1914), « L’horizon chimérique »

L’horizon comme une question, une limite qui n’en est pas une. Une ouverture vers l’invisible.

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